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Le Brut s'enfonce, les marchés broient du noir - La lettre Orientations & Stratégie n°165

10/02/16

Quel démarrage ! Même si 2016 s’annonçait difficile, nous avions rarement subi de telles conditions de marchés à l’amorce d’une année nouvelle…

Le prix du baril connait un nouvel accès de fébrilité (près de 25 % de baisse entre point haut et point bas mensuel !) et termine le mois en repli de 6 %, tiré vers le bas par la perspective d’un surcroit d’offre en provenance d’Iran et des craintes persistantes sur la dynamique économique chinoise. L’histoire 2015 nous a en outre appris que la manne que constitue ce "dividende pétrole" pour les agents économiques des pays développés ne dope que faiblement leur propension à consommer ou dépenser, au profit de leur taux d’épargne. Et même si un pétrole bas est à horizon moyen terme un facteur positif pour la croissance des pays consommateurs, le marché se focalise à court terme sur les risques induits par ce krach pétrolier, notamment le risque spécifique des dettes obligataires spéculatives du secteur énergie, la déstabilisation des balances courantes des grands pays exportateurs, l’extrême fragilité voire l’éventuel défaut des plus petits, et le stress bancaire corollaire.

En sympathie avec l’or noir, les bourses se replient nettement et nerveusement, pour le 2e mois consécutif et de manière peu différenciée (-7 % en Europe, -6 % au Japon, -5 % aux US, -6 % pour le MSCI World), à l’exception de la Chine qui s’effondre. Les actions européennes, au creux du mois, accusent 12 % de recul avant d’opérer un rebond dans le sillage du prix du baril et grâce à l’action des banquiers centraux. Les secteurs les plus sensibles à la croissance mondiale chutent (auto, chimie, produits de base), tandis que les thématiques de consommation plus défensives surperforment. Un nouveau risque spécifique apparait en provenance du secteur bancaire italien, où le montant des créances douteuses nécessite la mise en place d’une structure de défaisance. Le secteur bancaire zone euro réalise une des pires performances mensuelles (-17 %), tout comme son homologue américain.

Les rendements longs des dettes d’Etats se replient uniformément de 30bp sous l’effet des discours extrêmement accommodants des banquiers centraux. La BCE, qui avait déçu les marchés en décembre, suscite l’espoir en évoquant de nouvelles mesures en mars prochain. La Fed maintient sa politique inchangée mais souligne le contexte international et les risques induits sur le cycle domestique, et les investisseurs n’anticipent désormais guère plus d’une hausse en 2016. Enfin la Banque du Japon surprend le marché en introduisant des taux de dépôt bancaires négatifs !

Rien de franchement bouleversant pourtant sur la dynamique économique mondiale, si ce n’est un certain fléchissement des indicateurs américains, malgré la bonne tenue de l’emploi, de la consommation et du secteur immobilier. En Europe, l’expansion au 4e trimestre se poursuit mollement, et sur le front de l’inflation la faiblesse des prix de l’énergie freine la normalisation attendue, mettant ainsi la pression sur la BCE. En Chine la décélération se confirme sans cassure, et bien plus que le niveau des indicateurs d’activité sans surprise notable, ce sont les sorties de capitaux et les mesures de régulation boursière qui cristallisent les inquiétudes des investisseurs.

Nous avons peu d’espoir de voir les facteurs de stress présents depuis fin 2015 soudainement se dissiper, alors même que les banques centrales paraissent moins crédibles aux yeux des marchés et peinent de plus en plus à rassurer. Faute de visibilité et en dépit de la conviction que certains excès constituent des opportunités, notamment sur le crédit, nous avons décidé de réduire le risque en janvier, largement concentré au sein des portefeuilles sur les actions européennes. Nous avons très peu d’obligations d’Etat faute de rendement courant et de réel effet protecteur, et des paris devises allégés.

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On en coasse par Xavier Gorce

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