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Brexit : point sur la situation

24/06/16

Les Britanniques ont décidé à une large majorité (51,9%) et avec un taux de participation de plus de 70% de voter pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne

Impacts politiques

Ce vote, qui met fin à 43 années d’appartenance à l’Union européenne, aura des conséquences pour le Royaume-Uni et pour l’Union Européenne :

  • Le premier ministre britannique David Cameron a annoncé sa démission du gouvernement sous 3 mois ;
  • L’équilibre des votes en Écosse (favorable au maintien) augure d’un referendum sur son indépendance ;
  • Unité du Royaume-Uni profondément touchée, probable affaiblissement sur la scène internationale.

Ce choix des Britanniques ouvre donc une période d’incertitude, synonyme de volatilité à court terme pour les marchés financiers, au Royaume-Uni comme en Europe.

Le chemin sera long : calendrier incertain d’activation de l’article 50 qui permet la sortie d’un pays de l’Union européenne, ouverture de deux ans de négociations et approbation de l’accord à la majorité super-qualifiée (20 membres sur 27).

A cela vient s’ajouter un agenda politique 2016-2017 très chargé qui va mettre la pression sur les partenaires européens pour maintenir l’intégrité de la zone Euro :

  • Élections législatives en Espagne ce dimanche 26 juin ;
  • Référendum constitutionnel en Italie en octobre ;
  • Élections présidentielles en novembre aux États-Unis et en 2017 en France et en Allemagne.

Le thème de l’Europe « à la carte » pourrait trouver de plus en plus d’adeptes et fragiliser d’autant l’Union européenne. De quoi amplifier encore plus le niveau d’aversion des investisseurs étrangers envers la zone Euro.

Impacts économiques

Difficile de mesurer en amont les effets de ce Brexit sur la macroéconomie. Le risque parait clairement asymétrique et dépendra de la mobilisation politique à mettre rapidement en place de nouveaux accords commerciaux et à soutenir l’activité. Quelques pistes à ce stade :

  • Un choc pour l’économie britannique qui peut tomber en récession dès cette année, provoqué par une baisse de la demande intérieure, une division politique au sein du Royaume-Uni, une renégociation annoncée des accords commerciaux…
  • Une contagion plus limitée au reste de la zone Euro, compte tenu du poids non significatif des exportations européennes vers le Royaume-Uni. Néanmoins, les incertitudes vont vraisemblablement entraîner une remontée du taux d’épargne de précaution, une prudence encore plus accrue des entreprises dans leur programme d’investissements et de recrutements et un ralentissement quasi certain des flux internationaux vers la zone Euro. 

Un seul point d’ancrage fort : la mobilisation des banques centrales. C’est à peu près la seule certitude et la réunion des six pays fondateurs de l’Union européenne ce week-end est également de bon augure. Qu’il s’agisse de la Banque d’Angleterre, de la BCE ou même de la Banque du Japon, les Banques centrales ont les moyens d’intervenir, de façon concertée si besoin, pour garantir l’accès à la liquidité et maintenir autant que possible une stabilité financière.

Impacts marchés

On s’en doutait, les marchés réagissent forcément violemment à ce Brexit. On retiendra :

  • Actions – Forte sanction à l’international (Japon, États-Unis), relativement moindre sur le cœur de l’Europe, en particulier le Royaume-Uni
  • Zoom : Si le recul avoisine désormais les -10% sur la zone Euro depuis le début de l’année, on est loin du point bas de mi-février, pas de krach donc, même si la séance affiche une amplitude historique.
  • Devises – Recul marqué de la livre sterling, de l’euro et des devises émergentes face au dollar américain
  • Emprunts d’États zone Euro – Baisse contenue des rendements des pays cœur (valeur refuge) et écartement limité des primes de risques sur les États de la périphérie 
  • Obligations d’entreprises – Impact majeur sur les dettes subordonnées bancaires, sur les obligations spéculatives (High Yield) et les obligations convertibles mais maintien d’une certaine liquidité
  • Obligations des marchés émergents – Bonne tenue des primes de risque

Impacts sur nos stratégies

Nous avons profité de la hausse des actifs risqués depuis dix jours pour réduire nos expositions et aborder le référendum britannique avec une grande prudence, positionnement qui s’avère pertinent. Il est trop tôt pour considérer une modification majeure de cette stratégie.

 > Pour en savoir plus sur les impacts du Brexit, cliquez ici

 

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